Lutte contre les Fake news: un enjeu majeur de société

Envoyé le 18 juin 2018

Le Syndicat des agences de presse audiovisuelles (SATEV) organisait lundi 18 juin l’AFP à Paris un débat intitulé « Les agences de presse face au fake news », animé par Bruce Toussaint.

Ce débat survient au moment où le parlement français commence à étudier la proposition de loi  dite « contre la manipulation de l’information »,  souhaitée par le Président Emmanuel Macron. Cette réunion qui réunissait une centaine de participants du monde la presse a montré « l’importance et la complexité » de ce combat contre les fake news pour les sociétés démocratiques.

En effet une fausse nouvelle « se répand six fois plus vite qu’une information vérifiée et recoupée »; Et désormais, l’acquisition de l’information se fait majoritairement sur les réseau sociaux: « 63% des utilisateurs de Facebook et twitter recherchent les informations au sein de leur réseau social ».
La presse traditionnelle n’a non donc plus l’exclusivité de la médiation de l’information mais est même minoritaire dans sa diffusion. Le public notamment les jeunes s’informent désormais via les GAFA (Google, Amazone,  Facebook, etc.) qui sont devenus en l’espace de dix ans le premier mass media planétaire gratuit. GAFA qui ne contrôlent pas les contenus diffusés. GAFA qui mettent en avant prioritairement pour des raisons publicitaires, via leurs algorithmes, les contenus -vrais ou faux- qui font de l’audience. GAFA qu’enfin « aucun gouvernement ne contrôle ».

Dans ce contexte, la proposition de loi française contre la manipulation de l’information visant à lutter contre les fake news en temps de campagne électorale est apparue comme une réponse « utile mais insuffisante » au regard des enjeux. « C’est effectivement une première pierre » a concédé Naïma Moutchou député LaREM du Val d’Oise co- rapporteure du projet de loi.
Les participants au débat ont également souligné les limites de ce texte. Notamment sur sa capacité à arrêter la propagation d’une fausse nouvelle en temps de campagne électorale: un juge saisi en référé aura 48 H pour dire si telle information est fausse ou pas. Comment en si peu de temps, pourra-t-il se faire une conviction ? Comment pourra-t-il arrêter les dizaines de milliers de retweets qui  se seront diffusés entre temps sur la toile ?

« Ce que je crains» a indiqué également David Assouline , PS, vice-président du Sénat « c’est que cette loi labellise comme de vraies informations des dizaines de milliers de fake news qui n’auront pas été invalidées par le juge ».Pour lutter contre le fake news tous les participants au débat ont souligné l’importance de l’éducation aux médias. « La priorité»  pour David Assouline.

« Aujourd’hui , le plus grand danger dans le monde ce n’est pas l’ignorance mais l’illusion de la connaissance » a indiqué Albert Moukheiber , chercheur en neurosciences. Pour lui, plus que l’éducation aux médias , c’est « l’éducation à l’acquisition de l’information qui doit être enseignée dans les écoles » car les jeunes zappent les médias traditionnels. Ils n’ont plus confiance aux journalistes malgré les efforts consentis par ces derniers pour développer la presse d’investigation.
Pour renouer ce lien de confiance entre les citoyens et la presse Julien Pain journaliste de France Info qui a inventé L’Instant Détox sur You Tube estime « urgent pour les presse de changer les codes et d’inventer de nouvelles manières de parler aux jeunes. Car si on les perd ...». Jacques Lallain.

ici le programme de cette rencontre

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