Respect de la vie privée et coronavirus

Envoyé le 21 mars 2020

Les Conseils de presse membres de l’AIPCE (Alliance of Independant Press Councils of Europe) ont échangé ce derniers jours autour du coronavirus. Pas pour s’interroger sur des règles éthiques spécifiques à cette situation. Les conseils de presse notent que globalement « la couverture de la COVID 19 par nos publications membres a été professionnelle et réfléchie» pour citer Peter Feeney, l’ombudsman de le presse irlandaise.

La question qui a été débattue porte sur la publication du nom des personnes contaminées ou malades. Plusieurs journalistes kosovars avaient en effet estimé que cela relevait de l’intérêt public. Le conseil de presse du Kosovo a donc demandé leur avis et expérience aux membres de l’AIPCE. Seul le représentant du conseil sud africain a estimé si la personne concernée représentait « une menace publique » , elle devait être identifiée par son nom.

Tous les autres conseils qui ont répondu pour l’instant ( 13 ) ont réaffirmé que les informations relatives à la santé physique ou mentale relèvent de la sphère privée, même dans une situation telle que celle du COVID 19, et qu’on ne peut en faire état sans le consentement de la personne concernée. « Cela pourrait causer des problèmes supplémentaires à cette personne, ainsi qu’aux membres de sa famille » souligne par exemple le conseil de Bosnie Herzégovine. Peter Knappen, du conseil flamand , répond ainsi à la notion de « menace publique » : « Les personnes dont l’infection a été confirmée ou qui sont malades sont en quarantaine. Par conséquent, il n’y a pas de risque de contamination». Surtout, il rappelle que  « d’autres maladies sont également contagieuses, et qu’on ne révèle pas les noms des personnes infectées » .

Seule exception citée par tous à ce silence sur les noms : lorsqu’il s’agit de personnes ayant des responsabilités publiques, signaler qu’il/elle est malade ou se met en quarantaine est d’intérêt public. Autant pour expliquer pourquoi il ou elle n’assume plus ses fonctions, ou pas de la façon habituelle (déplacements, rencontres physiques etc.) que pour montrer que le virus peut toucher n’importe qui et que les mesures de précaution s’imposent à tout un chacun.

Le conseil de presse du Kosovo a alerté une seconde fois le réseau AIPCE 48 heures plus tard, pour l’informer qu’avant même qu’il soit saisi d’un cas et ait à se prononcer, l’Agence kosovare de protection des données personnelles (l’équivalent de la CNIL) avait précisé dans un communiqué que publier les noms des personnes contaminées ou malades « n’était pas autorisé » .

Pierre Ganz

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