Le Conseil de presse allemand fête ses 60 ans

Envoyé le 8 décembre 2016

Le Presserat est un des conseils de presse européen les plus anciens. Il a enregistré 2358 plaintes en 2015, dont beaucoup concernaient le drame de l’Airbus de Germanwings – lire ici –  et prononcé 35 blâmes en 2015. Ses dernières décisions, en septembre 2016, concernaient deux médias qui avaient publié des images des victimes du massacre du centre commercial Olympia à Munich , ou des photos d’enfants blessés dans un attentat terroriste à Istanbul reprises sur Interne.

En 1956, sa création par cinq éditeurs de journaux et cinq journalistes  s’est faite en réaction à un projet de loi du gouvernement de Konrad Adenauer qui voulait instaurer un « contrôle de la qualité » de la presse. L’idée ressemblait trop à ce qui avait été en place sous le national-socialisme, et l’auto-régulation est apparue à ces 10 professionnels comme la bonne réponse. 60 ans après, le Presserat est installé dans le paysage médiatique allemand. Les cérémonies de ce soixantième anniversaire l’ont montré.  250 personnalités des médias, de la politique, des églises et du monde des affaires y ont assisté le 1er décembre à Berlin en présence du président allemand Joachim Gauck.

Contribuer à surmonter la crise de confiance dans les institutions démocratiques

Celui-ci voit dans que la création en 1956 de ce Presserat le signe que la jeune république fédérale avait alors la volonté de donner tout son sens au mot démocratie. Il a invité ses membres à travailler encore dans les années à venir pour « renforcer la confiance dans les institutions et dans le travail des médias » car « les journalistes ont un rôle à jouer pour surmonter la crise de confiance dans les institutions démocratiques« . Ils sont critiquables, a t il dit en substance,et doivent être attentifs aux critiques qui leur sont faites. La « haine qui s’exprime parfois dans les médias fait peur » a dit le président allemand. Il s’est inquiété aussi des effets des réseaux sociaux, qui créent « des chambres d’écho dans lesquelles les individus ou les groupes sont enfermés et imaginent avoir l’exclusivité de la vérité ».

Prise de conscience des journalistes et appel au public

Le Président du Presserat Manfred Protze a rappelé que des milliers de journalistes font chaque jour leur travail en respectant les règles professionnelles, dans des conditions « pas toujours confortables » . Le Conseil de presse, que certains avaient comparé à sa création à un tigre édenté, a t il expliqué, a cependant contribué à la prise de conscience que le journalisme est une activité éthique , qui amène en permanence à faire des compromis entre exactitude et rapidité, entre intérêt du public et protection de la vie privée, entre pertinence et non-pertinence des contenus. Mais ces compromis peuvent oser problème, malgré l’éducation des journalistes à la déontologie, et c’est que le Presserat peut aider.  Manfred Protze a formulé enfin trois vœux pour les années à venir : une meilleure reconnaissance du rôle du Presserat, l’implication des lecteurs, sans lesquels l’autorégulation ne peut pas fonctionner , avec un droit pour des personnes non directement concernées de saisir le conseil de presse. Enfin que les médias ne tombent pas dans le piège que le robot médecin de la série Star Trek a selon lui remarquablement décrit en une phrase : » depuis que mes routines éthiques sont désactivées, je travaille beaucoup plus efficacement ». P.G.

le site du conseil de presse allemand : http://www.presserat.de/presserat/

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