Un guide du traitement des violences familiales pour les médias australiens

Envoyé le 7 mars 2016

Le Conseil de Presse australien a récemment publié un « Guide de conseils pour traiter des violences familiales » élaborées après plusieurs tables rondes dans différentes régions du pays réunissant éditeurs, journalistes, policiers spécialisés, victimes et associations ou services de lutte contre les violences familiales .

L’idée n’est pas de décourager la couverture de ces sujets mais d’aider les médias à répondre à des questions comme  « couvre t on ou pas tel fait ?  » , « quelle information recueillir et auprès de qui ? » ,  » quel matériel utiliser ou  pas ?  »
Il est ainsi recommandé de parler de violence familiale dès qu’il y a un lien entre l’agresseur et la victime. Il s’agit le plus souvent de femmes victimes de la violence d’un homme, mais, recommandent l’Australian Press Council,  les médias ne devraient pas ignorer les cas d’hommes battus, ni ceux de violences au sein de couples LGBT ou envers des personnes âgées ou handicapées victimes de leur proches . Ce guide estime que relèvent des violences domestiques, et devraient être décrits comme tels, non seulement les coups , mais  aussi les violences sexuelles, le harcèlement et tout type de comportements dont le but est d’intimider ou d’effrayer la victime jusqu’à ce qu’elle perde toute autonomie.

L’importance du choix des mots

Parmi les conseils pratiques élaborés à l’issu de la consultation des professionnels de l’information, des victimes et des spécialistes de ces violences, la première adressée aux  médias est de prendre d’abord en considération la sécurité des victimes. La publication des faits ne doit pas augmenter même intentionnellement  leur douleur et leur souffrance  : donc  il faut bien souvent éviter de les identifier ou de donner des éléments permettant de reconnaître ou de les localiser.  Les médias sont invités également à veiller à ne pas rejeter la responsabilité de la violence familiale sur la victime, en suggérant par exemple qu’elle a permis par son comportement l’installation de cette situation, ou qu’elle aurait pu l’éviter. Une mise en contexte des faits est nécessaire, reconnaissent les tables rondes, mais la maladie ou la culture des auteurs de violence ne peuvent être présentées comme des causes de ces violences atténuant la responsabilité de leurs auteurs .

L’attention des journalistes et des éditeurs est attirée sur l’importance du choix des mots. Il faut éviter les termes qui tendent à banaliser , à excuser , à minimiser la violence familiale, en la présentant comme une dispute conjugale ou un différend domestique. Les médias doivent être attentifs à l’impact des titres et de la mise en page et notamment aux articles ou publicités placés à proximité du sujet sur un cas de violence familiale. Lorsque c’est possible, la descriptions précises  des relations entre les personnes impliquées permet de faire comprendre les faits.

Informations pratiques pour les victimes

Évidemment il est fortement conseillé de resituer ces informations dans une problématique plus large et de donner la parole aux chercheurs et experts de ces questions. Il est suggéré également de publier des informations pratiques destinées aux personnes qui pourraient être concernées par le problème ,  présentées de façon neutre « : si vous êtes concerné par cette histoire et que vous voulez demander de l’aide, vous pouvez vous adresser à …

lire (en anglais) Advisory_Guideline_on_Family_and_Domestic_Violence_Reporting

sur le même sujet lire également https://www.inspq.qc.ca/violence-conjugale/accueil