A nos amis des SDJ

Envoyé le 29 novembre 2019

Allégorie de la liberté de la presse, 1830. « En proclamant, elle éclaire le peuple et fait taire la rumeur »

La SDJ de Mediapart vous a envoyé un texte afin que vous vous prononciez contre la création du CDJM. Ce texte contient quelques erreurs d’interprétation :

Le projet n’émane pas du gouvernement ou du président de la République ; l’ODI a été créé en 2012, alors que Macron était encore dans les limbes ; les 18 pays de l’UE qui ont un CDJ ou un conseil de presse n’ont pas obéi aux directives de Macron ; ainsi le CDJ belge francophone date de 2009 et le CP suédois de 1916… Le sujet est sur la table depuis de nombreuses années en France ; le rapport Hoog prolonge le rapport Sirinelli de 2014…

La loi de 1881 est une excellente loi, que l’ODI a toujours défendue, de même que son président qui, en tant qu’historien des médias, a écrit de nombreux articles en défense de la liberté de la presse. Cependant, en ce qui concerne le public, pour l’essentiel elle se limite à la diffamation et à l’injure ; elle est surtout utilisée par les puissants et les célébrités, alors que les tribunaux sont un recours long et coûteux pour les citoyens ordinaires.

L’ODI s’est élevé à plusieurs reprises contre la loi sur les fausses nouvelles et la loi sur le secret des affaires, nos rapports sont là pour en témoigner : en 2019, L’Information mise en cause, en 2018 Pour une information libre et responsable en 2017 L’information au cœur de la démocratie, etc. Le CDJM n’agira pas autrement.

L’ODI a toujours défendu la diversité des approches et le CDJM souligne que les lignes éditoriales sont libres, que les choix rédactionnels sont l’apanage des rédactions et doivent le rester. Il n’est évidemment pas question d’imposer aux rédactions des visions ou des approches journalistiques.

Il n’est jamais question de censure a priori ou a posteriori, il n’est jamais question de sanction ou de police de la pensée. Un conseil de presse ne se prononce jamais sur la ligne éditoriale et les choix rédactionnels, mais uniquement sur le respect des règles professionnelles que portent les chartes d’éthique françaises et internationales.

Enfin, il ne faut pas ignorer la demande sociale : les publics souhaitent des réponses que ne leur apportent pas les institutions existantes. C’est pourquoi un CDJM tripartite, journalistes, éditeurs et diffuseurs, public, est mieux à même de répondre à cette demande.

Préférez-vous qu’une loi impose un conseil de presse beaucoup plus contraignant comme le désirent nombre de politiques de la gauche à l’extrême-droite ? Préférez-vous que les pouvoirs du CSA soient étendus à la déontologie de l’information et, par la régulation du web dont il s’empare, à la presse toute entière ?

L’ODI agit avec un collectif beaucoup plus large, qui regroupe de nombreux journalistes de tous horizons.

Les SDJ sont le lieu par excellence du débat sur l’éthique et la déontologie au sein des rédactions. Aussi nous les appelons à se joindre à cette dynamique qui ne vise qu’à rebâtir la confiance avec le public par le dialogue et la médiation. Et à tout le moins , de prendre le temps de la réflexion face aux interrogations légitimes qui peuvent remonter de vos rédactions, avant de vous prononcer.

Le 2 décembre n’est que le début d’une aventure, avec un Conseil d’administration provisoire pour mettre en place la structure et permettre à tous ceux qui le souhaitent de rejoindre la démarche sereinement, quand ils le jugeront utile.

Nous sommes à votre disposition pour en parler quand vous le souhaiterez.

5 Commentaires

  1. Je partage les objectifs et la démarche participative de l’ODI et trouve que la constitution du CDJM peut être une vraie avancée, avec un vrai statut juridique de protection de l’autonomIe des rédactions.

    • Une vraie avancée avec les patrons de presse ? Et pourquoi pas un syndicat réunissant les salariés et les patrons tant qu’on y est ?
      La seule véritable avancée serait de réclamer qu’une charte de déontologie comme la Charte de Munich (qu’on pourrait actualiser) soit intégrée à la Convention collective des journalistes. C’est la seule façon pour que les patrons de presse s’y soumette. Mais je n’ai pas vu que le CDJM avait ce projet. Et pour cause, les patrons ne seraient pas d’accord.
      Désolé, on ne peut pas croire en ce machin paritaire. Les journalistes et les milliardaires qui concentrent entre quelques mains l’essentiel des titres de presse ne défendent pas les mêmes intérêts.

  2. Un organisme qui reconnait que l’on peut débattre de journalisme en l ‘absence de Plenel est forcément un organisme exemplaire

  3. L’expérience du CDJ en Belgique francophone, que j’ai dirigé pendant plusieurs années, confirme les avantages d’un tel Conseil. L’analyse de Contexte (https://blog.contexte.com/conseil-de-deontologie-journalistique-et-de-mediation-cdjm-pourquoi-f8c6ea5a8c72), par exemple, est totalement pertinente. Félicitations à ceux qui, en France, y croient depuis plus de 10 ans et ont enfin abouti.

  4. Suivez comme je le fais depuis des années le travail excellent du conseil de presse suisse http://www.presserat.ch dont les délibérations sont même régulièrement publiques.

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