Création du Conseil de déontologie journalistique et de médiation le 2 décembre

Envoyé le 25 novembre 2019

L’Assemblée générale fondatrice du Conseil de Déontologie Journalistique et de médiation (CDJM) se tiendra  le 2 décembre 2019 à 17 h00 à l’Espace Jean Dame, 17 Rue Léopold Bellan, 75002 Paris

Le CDJM est tripartite et composé de trois collèges : Journalistes – Editeurs – Public. On lira ci dessous une présentation du projet.

Lors de l’assemblée générale fondatrice, les personnes physiques et morales intéressées pourront devenir membres de l’Association et, le cas échéant, présenter leurs candidatures pour le Conseil d’administration.

Ordre du jour

  • Fondation du CDJM
  • Désignation d’un secrétariat provisoire pour la durée de l’AG fondatrice
  • Validation des adhésions
  • Adoption des statuts
  • Adoption du règlement intérieur
  • Regroupement par collèges pour l’élection des membres du conseil d’administration
  • Election du conseil d’administration
  • Réunion du conseil d’administration en vue de l’élection du bureau (sauf report à une date ultérieure)

 

Qu’est-ce qu’un conseil de déontologie journalistique ?

Il existe une centaine de conseils de déontologie journalistique, ou conseils de presse, dans le monde, le plus ancien ayant été créé en Suède en 1916. Dans l’Union européenne, 18 pays se sont dotés d’un conseil de presse (il y en a deux en Belgique).

Les organisations internationales telles que l’UE, le Conseil de l’Europe et l’OSCE incitent à leur création. Elles considèrent que la liberté de pensée et d’expression, de communiquer et d’informer sont au cœur de la démocratie et doivent être préservées, mais que les citoyens doivent pouvoir dialoguer avec ceux qui les informent autrement que par des discours de haine.

Un conseil de déontologie journalistique est l’une des réponses à la crise de confiance du public envers les médias et aux tentatives de manipulation de l’information. En répondant aux interrogations du public sur les infox et autres fake news, il démarque ce qui ressort de l’information et ce qui est du domaine de l’expression libre mais non informative.

Un conseil de déontologie journalistique est une protection pour les éditeurs et les journalistes : il défend la liberté éditoriale, qui dépend du directeur de publication, il respecte les choix éditoriaux, qui sont l’apanage des rédactions, il refuse toute intervention a priori en ne se prononçant qu’a posteriori sur des articles publiés ou des émissions diffusées, enfin, il est un rempart pour les rédactions et les éditeurs contre les pressions des pouvoirs et des lobbies.

Quel est son rôle ?

Un conseil de déontologie journalistique regroupe l’ensemble des éditeurs et des journalistes, tous médias confondus (presse écrite, radio, télévision, numérique, agences) à l’échelle nationale, ainsi que des représentants des publics.

Il est donc un organe professionnel d’autorégulation, indépendant de l’Etat, une instance de médiation et d’arbitrage entre les médias, les rédactions et leurs publics, enfin, une instance de réflexion et de concertation pour les professionnels et de pédagogie envers les publics.

Un conseil de déontologie journalistique n’est pas un ordre des journalistes, un tribunal de la pensée ou une instance de censure ; il n’est pas une instance étatique ou administrative.

Un conseil de déontologie journalistique est tripartite, composé de représentants des journalistes, des éditeurs et des publics.

Un conseil de déontologie journalistique reçoit les plaintes du public ou peut s’autosaisir. Il rejette toutes les plaintes concernant la ligne éditoriale ou les choix rédactionnels, qui restent libres et demeurent l’apanage des rédactions sous l’autorité du directeur de publication.

Il instruit contradictoirement les plaintes jugées recevables, qui concernent le respect des pratiques professionnelles. Un conseil de déontologie journalistique ne prononce pas de sanctions pénales, financières ou autres, mais il publie des avis sur son site et invite le média concerné à le publier.

Un conseil de déontologie journalistique permet de redonner un avantage qualitatif en termes de fiabilité et de confiance aux médias historiques en démarquant les informations professionnelles du tout-venant diffusé sur les réseaux sociaux et les plateformes et des propagandes étatiques ou autres.

Création du Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation

Dans le prolongement du rapport Hoog, l’Observatoire de la Déontologie de l’Information (ODI) a réuni un collectif de nombreuses organisations de journalistes, d’éditeurs, d’agences de presse et des représentants du public pour élaborer les bases du Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation(*).

L’Assemblée Générale Fondatrice qui se tiendra le 2 décembre 2019 est l’aboutissement du travail collectif mené par l’ODI et les représentants des trois collèges- Journalistes, Editeurs, Publics, qui constitueront cette instance tripartite.

Contact : odi.observatoire@gmail.com

(*) Réunissant notamment : SNJ, CFDT journalistes, Collectif informer n’est pas un délit, Journalisme et citoyenneté, Profession : Pigiste, AJE, FFAP, SNRL, FNPS, SPIIL, ODI, Clubs de la presse, Sociétés et collectifs de journalistes et de lecteurs, écoles de journalisme, associations d’éducation populaire, Alliance internationale de journalistes, Union Internationale de la presse francophone, etc…

5 Commentaires

  1. Bravo d’y être – enfin ! – arrivé. C’est exactement ce qu’il fallait faire .
    Peut-être faudra-t-il penser dans une second temps à une décentralisation du « Conseil ». Un Conseil par région ?
    Les lecteurs de la PQR se sentent très concernés par ce qui est écrit dans « leur » journal qu’ils s’approprient facilement. J’ai passé près de deux ans à L’Express et j’ai dû recevoir deux lettres de lecteurs (la première année j’avais un bloc-notes hebdomadaire). A La Nouvelle République du Centre-Ouest j’avais – au moins – deux lettres de lecteurs par jour, souvent beaucoup plus.
    Très confreternellement

  2. Vous dites « etc ». Or c’est important de savoir qui sont ces « représentants du public ». Sont-ils représentatifs du public ou sont-ils des amis des journalistes et des éditeurs ?
    D’autre part quelle confiance peut-on faire à un organisme de « médiation » composé de journalistes et d’employeurs de journalistes quand les journalistes ne répondent quasiment jamais quand on leur écrit. Comme par exemple la journaliste (juge et partie) qui occupe le rôle de médiateur à Radio France.

  3. Bonjour. J’habite Marseille, et, donc, je ne pourrai pas venir, amis je souhaiterais recevoir les informations sur le Conseil de déontologie. Merci. Amicalement. B. L.

  4. Comment peut-on prendre au sérieux un machin dans lequel les patrons de presse seront présents ? La cause principale du « maljournalisme » étant la concentration des médias entre les mains d’une poignée de milliardaires, c’est bien évidemment sans les éditeurs qu’il faut s’organiser pour faire de la question des médias et du pluralisme une question politique. Si vraiment les propriétaires des journaux prenaient au sérieux les questions de déontologie, ils accepteraient la demande maintes fois faite par les syndicat d’inscrire une charte de déontologie comme la Charte de Munich dans la Convention collective des journalistes, ce qui rendrait son contenu vraiment contraignant.
    PS : aurez-vous l’honnêteté de publier mon commentaire ?

  5. J’ai écrit il y a une plusieurs jours pour savoir qui composerait le dernier tiers, celui n’étant pas occupé par les médias. Or, non seulement ma question n’est pas publiée mais surtout il n’y a pas de réponse. Une constante dans le milieu des journalistes.
    Selon certaines sources il y aurait des lecteurs du Monde et de Sud-Ouest et des « spécialistes » des médias. Donc, en résumé, on ne doit pas être très loin d’un 100% de membres favorables aux journalistes.
    Tout cela n’a donc aucun intérêt pour ceux qui se battent pour la démocratie, le pluralisme, l’égalité républicaine, le journalisme, la liberté d’expression et la liberté d’opinion.
    Il reste donc à créer un Conseil de la Déontologie de la presse composée de magistrats et de citoyens tirés au sort sur les listes électorales.

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