Leçons pour le journalisme à l’ère de la désinformation

Envoyé le 7 janvier 2019

 

La chercheuse américaine Claire Wardle s’inquiète dans un article récent du fait que «  la plupart des rédacteur en chef n’ont aucune idée des risques auxquels leurs journalistes sont confrontés chaque jour » quand ils travaillent sur et avec Internet. Pour elle, les nombreux agents de désinformation qui fabriquent des informations fausses ou déformées visent avant tout à accéder aux médias professionnels. Ce qu’elle illustre par cette « trompette de la désinformation » , quand la désinformation commence sur des plateformes comme 4chan et Discord avant de nourrir les échanges de groupes fermés par exemple sur WhatsApp puis les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook. Et « malheureusement, à ce stade, [l’information inventée] se retrouve souvent dans les médias professionnels » déplore t elle. Même le démontage argumenté de leurs mensonges dans les colonnes d’un grand quotidien ou par un chaine de télévision est pour ces agents de désinformation une victoire.

La « trompette de la désinformation »

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Pour contrer cette menace, elle invite les rédactions à se former pour ne pas donner de l’oxygène à la désinformation, en ne la relayant pas ou en ne la démontant que lorsqu’elle va basculer ou a basculé des tréfonds du web aux médias grand public. Mais surtout elle insiste sur la nécessité de repérer les sujets qui pourront donner lieu, par exemple lors dune campagne électorale, à des vagues de fausses informations, pour « vacciner » en amont le public par des reportages sur le terrain qui aident à expliquer les enjeux et à connaître la réalité. Au passage, elle rappelle que bien souvent l’opinion se fait à la lecture d’un titre ou d’un tweet . Claire Wardle insiste pour que leur rédaction soit particulièrement travaillée pour, même brève et accrocheuse elle ne soit pas trompeuse. Pierre Ganz

Pour contrer cette menace, elle invite les rédactions à se former pour ne pas donner de l’oxygène à la désinformation, en ne la relayant pas ou en ne la démontant que lorsqu’elle va basculer ou a basculé des tréfonds du web aux médias grand public. Mais surtout elle insiste sur la nécessité de repérer les sujets qui pourront donner lieu, par exemple lors d’une campagne électorale, à des vagues de fausses informations, pour « vacciner » en amont le public par des reportages sur le terrain qui aident à expliquer les enjeux et à connaître la réalité. Au passage, elle rappelle que bien souvent l’opinion se fait à la lecture d’un titre ou d’un tweet . Claire Wardle insiste pour que leur rédaction soit particulièrement travaillée pour, même brève et accrocheuse elle ne soit pas trompeuse.

l‘article de Claire Wardle (en anglais)

On trouvera une panoplie et des conseils utiles pour aborder le travail sur Internet, et notamment lutter contre les fausses informations, dans le livre de Olivier Bot, « Chercher et enquêter sur Internet » publié en septembre 2018 aux Presses Universitaires de Grenoble. Rédacteur en chef adjoint et chargé des projets Web de La Tribune de Genève, Olivier Bot y reprend le cours sur la recherche sur Internet qu’il dispense à l’École de journalisme de Grenoble. Il met en garde contre la tentation d’exploiter sans vérification une information trouvée sur Internet . « Sur le Toile« , écrit il « la tendance est à créditer l’information en citant simplement l’URL du site, ce qui n’est pas suffisant déontologiquement » . Son livre explique comment faire pour vérifier, recouper, identifier les sources, les protéger – car sur le net la protection des sources devient une question technologique – et regorge de liens vers des outils qui permettent de ne pas surfer idiot..

Le livre d’Olivier Bot est ici